Présidente Fondatrice et Vice-Président

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Interview réalisée par le magazine Amina en 2006

Depuis plusieurs années, Mme Célestine BAGNIAKANA, Secrétaire de Direction à SDV Congo, dirige HALTE-SIDA, une association ayant pou but de venir en aide aux orphelins du SIDA. A Noel dernier, elle a organisé une distribution de jouets, de vetements et de nourriture pour ces enfants, avec le support de SDV CONGO, Chevron Texaco, Celtel et beaucoup d’autres donateurs. Rencontre avec une dame très attachée à la cause sociale.

(Pour télécharger la version originale de l'interview, cliquer ici )

Votre engagement dans la lutte contre le sida remonte à plusieurs années. Quel est votre opinion sur ce qu’il se passe aujourd’hui au Congo ?

Le Congo est très concerné par le VIH/Sida depuis plusieurs années. Le taux de prévalence est en régression mais demeure élevé. Le gouvernement, les ONG et les associations essaient tant bien que mal de faire baisser les chiffres. Le Sida pour nous est devenu un souci permanent et nous sommes résolus à tout mettre en œuvre pour que chacun de nous ait un comportement responsable vis-à-vis de lui-même et d’autrui. Si tout le monde pouvait avoir une attitude préventive, le sida serait vaincu et le nombre de malades seraient aujourd’hui négligeable.

Certains disent que l’épidémie du Sida amorce un virage dangereux dans notre pays….

C’est exact et c’est une réalité malheureuse. Aujourd’hui les taux de séropositifs, de malades et des orphelins ne fait que croitre et les conséquences dans notre société et nos familles se font sentir.

Vous avez organisé un arbre de Noel pour les orphelins. Quelle est la portée de ce geste ?

La fête de noël est synonyme de joie pour chaque enfant dans le monde. Donc pour moi, voir ces petits innocents recevoir des jouets de la part des donateurs via notre association HALTE SIDA témoigne de l’amour que nous avons pour eux. La joie jaillit de nos cœurs quand nous voyons nos enfants, malades ou non jouer ensemble, danser, chanter… C’est extraordinaire !

Votre initiative est fort louable. D’où vous viennent les fonds vous permettant de vous occuper ainsi des orphelins ?

Personnellement, je me pose parfois la question de savoir comment j’arrive à faire toutes ces œuvres depuis 1994, date à laquelle j’ai commencé à me battre pour aider autrui. C’est simple, d’abord je le fais avec le cœur et je me fais l’avocat de ces enfants, je vais de bureau en bureau, de maison en maison pour recueillir ce dont ces orphelins ont besoin. Tout ce que nous remettons à ces enfants vient de bonnes volontés. Il y en a qui sont déjà parrainés par des Congolais et des étrangers qui aident parfois des fratries. D’autres enfants seront parrainés si de bonnes volontés se manifestent.

Vous êtes confrontée à d’énormes problèmes malgré tout…

Oui, les problèmes ne manquent jamais. On en rencontre toujours. En ce qui concerne, soigner les enfants est un souci. Prodiguer des soins à 400 enfants est couteux mais il y a des médecins qui les soignent bénévolement lorsqu’il s’agit de cas sérieux.

Prenez vous le temps de discuter avec ces enfants ? Comment vivent ils leur condition ?

Bien sur. Si aujourd’hui ces enfants sont orphelins, c’est parce que le SIDA a pris la vie de leur parents. Nous mettons un accent sur la prévention au cours de nos discussions avec les enfants qui ont l’age de comprendre certaines choses. C’est très douloureux quand ils évoquent la vie paisible et éphémère qu’ils ont eut avec leurs défunts parents. C’est pénible de ressasser la douleur de leurs parents pendant qu’ils souffraient sur les lits d’hôpitaux ou à domicile.

Quelles sont leurs craintes et leurs espoirs ?

Leur crainte : Se sentir un jour abandonnés. Ils sont peur que les gens se désintéressent un jour, vu le nombre croissant d’orphelins et enfants de la rue. Bref, ils ne veulent pas perdre l’affection que nous leur donnons. Leur espoir, grandir dans la paix, faire des études et construire leur vie.

Quel est le pourcentage d’enfants qui ont besoin de traitements antirétroviraux ?

Les orphelins malades ne sont pas nombreux. Sur 380 orphelins, 15 sont malades et 3 sont décédés. 2 sont en cours de traitement au CTA et 10 ne bénéficient pas encore de trithérapie.

Je vous vois souriante au milieu de ces 300 enfants réunis, quel est votre état d’esprit en ce moment ?

Toutes nos rencontres avec les orphelins et les donateurs se passent dans la joie. Et vraiment je suis heureuse de les voir heureux. J’ai aussi noté un point manquant et positif depuis un certain temps, un sentiment d’amour se manifeste dans les cœurs des Congolais, on assiste à un élan de solidarité entre nous, les personnes âgées, les veuves, les enfants de la rue, les orphelins, etc…c est formidable.

Quelles sont les perspectives d’avenir d’Halte SIDA ?

Nous positivons toujours, compte tenu du nombre croissant des orphelins, nous nous battons pour trouver des financements nécessaire pour assurer leur scolarisation et pour leur entretien. Nous recevons beaucoup d’aide. Cette année, le centre d’accueil de Mvoumvou nous a réservé 20 places pour l’apprentissage des métiers : La mécanique, la menuiserie, la coiffure et la savonnerie. Nous allons placer 20 orphelins déscolarisés pour qu’ils apprennent ces métiers pendants 18 mois. Par ailleurs les sœurs Salésiennes de Mpaka (un quartier dans la ville de Pointe Noire) vont accueillir dans leur centre des dizaines d’orphelins afin de les initier à divers métiers. Nous avons aussi un projet de construction d’un centre d’accueil pour orphelins du SIDA qui est soutenu par SDV Congo et d’autres partenaires.

Propos recueillis par Nicole Mikolo